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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 23:09

800px-Emirates_Stadium_Arsenal.jpg Ce fameux modèle anglais, dont on ne cesse de présenter les louanges, dès qu’un événement violent se passe autour des stades de football de Ligue 1. « Il serait temps de prendre exemple sur le modèle anglais », « il faut faire comme en Angleterre, ils ont éradiqué la violence », « l’ambiance des stades anglais est magnifique, là bas les spectateurs sont proches des joueurs ». Autant de phrases qu’on ne cesse de nous rabâcher.

Mais ce modèle est il vraiment parfait ? A-t-on des chances de le retrouver un jour en France ?

C’est une nouvelle fois un débat, dont l’objectif est une nouvelle fois de recentrer le débat, et de préciser certaines données que les dirigeants et médias français ôtent de vous signaler lorsqu’ils vous vantent ce modèle, que l’on qualifie d’efficace.

 

 

Nous réaliserons cet article, en fonction des points forts mais aussi des points faibles du monde des tribunes du football anglais.

 

La ferveur : c’est sans conteste l’une des plus intenses de notre continent, l’Angleterre est un pays de football, et les gens sont passionnés par ce sport, par leurs équipes locales, et leur équipe nationale. L’engouement qui existe autour du football est très fort et se matérialise par une fidélité sans faille de ses supporters. Là bas, le football est une question de famille, une question de société...une question de vie finalement...Par conséquent, quand une équipe joue, elle ressent cette passion au travers des spectateurs présent, car généralement les stades sont pleins, quelque soit l’adversaire. Par moment, et même généralement, les stades sont plus remplies pour un match de championnat que pour un match de coupe d’Europe, même de Ligue des Champions. Alors, pour ce premier point, au niveau de la ferveur, qui constitue la base finalement, la France a beaucoup à apprendre de cette passion anglaise pour le football. Malheureusement, je doute qu’un jour on ne leur arrive à la cheville tant la différence entre les deux pays est immense.

 

Les stades : ah, les fameux stades anglais, il n’y rien à dire, niveau architecture, design, esthétique, ils sont au dessus de nous, et de loin. La modernité, la fraicheur qu’ils apportent fait évidemment plaisir à voir. Ils ont été largement en avance sur nous, quand on voit le parc de stades en Angleterre, dans un style général d’enceinte fermée, on ne fait pas mieux en Europe. L’Allemagne s’y est mise pourtant la Coupe du Monde 2006, mais la suprématie anglaise n’a pas été entamée, au contraire. En France, on reste en deçà, hormis nos meilleurs stades (Parc des Princes, Stade de France), et de nouveaux, plus petits, mais fermés (Bonnal, d’Ornano), le reste du patrimoine est assez pauvre. Très peu de stade sont fermés, et l’architecture carré/rectangulaire est dépassée. Peut être que l’attribution de l’Euro 2016 pour la France sera le point de départ de la rénovation du parc des stades français.

Voilà un nouveau point, en faveur de ce modèle anglais, mais si le précédent dépendait de la population, celui-ci relève des instances publiques et de football.


La sécurité : point d’orgue de toutes les réflexions que l’on peut entendre sur ce fameux modèle anglais. Frappé dans les années 80/90 par des phénomènes d’une rare violence (Heysel par exemple), les autorités britanniques ont effectué un travail énorme pour éradiquer la violence des stades anglais. Jusque là tout va bien, c’est généralement le crédo que l’on nous sort quand on parle du modèle anglais. Mais en réalité, les mesures (que nous détaillerons juste après) prises n’ont pas éradiqué le problème de la violence, elles l’ont juste déplacé...Vous demanderez aux spécialistes, ils répondront que la première ligue anglaise est aujourd’hui épargné par les violences, mais que les divisions inférieures, dès la 2ème division, sont touchées par des phénomènes de violences du même type qu’il y a une dizaine d’années. Tout est question, une nouvelle fois de médias, on nous vante un modèle qui est efficace uniquement sur les matchs médiatisés. Dès qu’on retombe dans une sphère moins exposé, les problèmes resurgissent, mais ça on ne veut pas en parler, car cela prouverait que ce problème est bien plus ancré qu’on ne le pense, et que seule la répression ne suffit pas.

La sécurité des stades de la premiership anglaise est assurée, mais est-ce si valorisant sachant que derrière on retrouve le même problème à quelques mètres de là ?

C’est, selon nous, un mauvais point pour ce modèle tant loué, mais qui en réalité, n’a été efficace que pour l’élite, laissant à leur compte le reste des championnats...

Transition toute trouvée sur le prochain point.

 

Les mesures : Celles qui ont déplacé le problème autour des stades de l’élite. Malgré une étude de fond sur les « firms » hooligans, avec notamment des infiltrations de longue date sur des groupes réputés, les mesures ont surtout été répressives. En augmentant le prix des billets de façon hallucinante, triplé voir quadriplé, les autorités ont voulu faire venir au stade un public plus discipliné, et écarté ainsi des fauteurs de trouble. C’est aussi un encouragement à la délation, dès qu’une personne était en illégalité au sein d’un stade, son voisin pouvait le dénoncer, parfois avec récompenses au bout, pour des actes tels fumer, insulter les adversaires, ou autre comportement répréhensible. C’est aussi un ensemble de petits détails, comme l’interdiction de rester debout pendant les matchs.

Toutes ces mesures dans le but de changer le type de supporters, si à une époque on retrouvait des passionnés actifs, aujourd’hui les personnes qui assistent au match, ce sont des spectateurs/consommateurs, qui certes sont passionnées par le football et leur club, mais qui ont surtout les moyens de s’offrir les places, et le package produits dérivés qui tournent autour.

Si en France, de moyen grosso-modo pour 200-300 euros, on ne s’en tire pas trop mal, outre-manche il faut bien compter au minimum 1000 euros pour suivre son club, la différence est donc significative…

Alors, qu’on soit clair, appliquer de telles mesures en France provoquerait la mort des stades en France. Par le manque de ferveur, par la crise économique, par les mentalités françaises, très peu, seront ceux, qui continueront de suivre le football dans de telles conditions. Oui on aura peut être éradiquer le problème, et encore, mais on aura surtout provoquer la mort du football français…

 

L’ambiance : dernier point, là encore, généralement signalé quand on parle de modèle anglais, l’ambiance. Vous pouvez reprendre tous les matchs d’équipes françaises en terre anglaise, rien qu’à la télé, vous n’entendrez chanter que les supporters français…Même à Anfield, ou récemment les lyonnais ont su se faire entendre tout au long du match. Alors une explication simple, le modèle anglais, dans son mode de supportérisme, est particulier, il ne conçoit pas un soutien inconditionnel pendant 90 minutes à son équipe, comme le Mouvement Ultra (majoritaire en France), il est plutôt dans des chants forts, peu variés, et d’une fréquence espacé. Ce n’est pas une critique, chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients, mais il faut tout de même l’admettre, l’ambiance des stades anglais, est par moment, superbe (« You’ll never walk alone » Anfield-Liverpool), mais sur la durée, il n’est pas si exceptionnel que cela, et pas forcément meilleur en terme d’ambiance pure au sein d’un stade. Les tifos sont quasiment inexistants, le point fort de l’ambiance anglaise reste la ferveur et la passion qui découle des tribunes, et qui s’expriment de façon occasionnelle. Après chacun son style…

 

Après ce long descriptif, les points forts puis les points faibles de ce que nous présente nos médias du modèle anglais, qui a soit disant éradiquer la violence, passons en au bilan.

L’objectif de cet article était non pas de critiquer le modèle de supportérisme anglais, juste de rétablir des vérités sur ce modèle de répression qu’on ne cesse de louer à chaque violence en France. Il s’agit là, de réellement prendre le temps de comprendre ce qui s’est passé, et ce qui se passe aujourd’hui, dans le but de se faire une meilleure idée.

Nos conclusions, sont simples, si on peut s’inspirer de quelques mesures, comme par l’exemple la compréhension de la mouvance hooligan à travers une infiltration sur le long terme de « firms », ce modèle n’est pas compatible avec la France.

Pour des questions de mentalités tout d’abord, augmenter le prix des places et empêcher ainsi l’accès des classes populaires au stade provoquerait une chute de nos affluences évidente, tant la ferveur française autour du football s’exprime très peu. Les gens ne sont pas prêts à sacrifier leur salaire pour le football comme cela peut se faire en Angleterre.

Le football français est de volonté populaire, et il doit le rester ! Si il faut emprunter des choses outre-manche, c’est sans aucun doute leurs stades, qui respirent le football. Mais il faut aussi des supporters/spectateurs, d’une fidélité sans faille, prêt à traverser les pires comme les bons moments avec leur club, malheureusement en France ce n’est pas possible…


Alors avant de nous vanter un modèle, essayons de comprendre comment le notre fonctionne, et de savoir ce qui est compatible…

NON le modèle anglais n’est pas LA solution, il y a des choses intéressantes à prendre, mais surement pas l’ensemble !


Le football anglais est devenu une marchandise, ses spectateurs sont des consommateurs mais heureusement qu’ils leur restent cette passion et cette ferveur, qui font que leur football reste le plus attractif d’Europe…tout le contraire de la France…

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