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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 00:11

parc_des_princes_panoramic.jpg

 

Musique à écouter...

 

Deux ans déjà que notre route ne prend plus la direction du Parc des Princes. Deux ans déjà qu’ils nous ont enlevé une partie de nous. Deux ans déjà que nous ne sommes tout simplement plus les mêmes…

 

Le Parc des Princes était notre seconde maison. Il était le temple où nous venions pratiquer notre religion, celle de supporter le Paris-Saint-Germain Football Club, dans le malheur ou dans la gloire.

Notre vie était rythmée au calendrier de notre club fétiche, à toujours savoir une fois que nous quittions le stade à la fin d’un match, dans combien de jour nous y reviendrons. La période des vacances d’été n’avait rien de plus cruel, que celle de devoir nous priver de notre antre. Un sentiment d’abandon, de manque, qu’il était dur de combler pendant de longues semaines, tant ce stade nous caractérisait, nous rendait fier et faisait partie intégrante de notre âme…


Il était un temps ou faire partie des abonnés du Parc des Princes était un honneur, un privilège, une fierté, une lutte, un idéal…La chance et la reconnaissance d’avoir le droit de prendre part ou de contempler un tel spectacle. Une telle expression d’amour, de ferveur et de fidélité, d’une intensité rare, à vous donner des frissons, ne serait-ce même que pour le match le plus inattendu.

C’était également un rituel. Celui de se préparer pour l’évènement, et se dire au réveil le matin, « aujourd’hui c’est jour de match », et ce jour n’avait rien à voir avec tous les autres. Il était inconcevable de déroger à ce rituel, à cette routine, qui faisait de nous des passionnés.

L’heure de départ, les couleurs à revêtir, le chemin à prendre, non définitivement ce jour n’avait aucun  égal, celui que l’on a attendu toute la semaine.

 

Plus l’heure approchait, plus l’excitation montait, plus nous nous sentions « bizarre ». Le sentiment que quelque chose d’important allait se passer, sans savoir réellement quoi. Le football a sa part d’indécision qui faisait de notre venue au stade quelque chose d’imprévisible, mais tellement à part.

Le chemin nous menant au stade était aussi quelque chose de particulier, la vision au loin de cette merveille d’architecture, qui petit à petit ne faisait que se grossir avant de finalement nous submerger devant sa splendeur et son charisme. La foule à ses pieds contemple et respecte alors inconsciemment ce qui a pu se passer en son sein.

Les grilles passées, c’est une attente qui parait interminable devant l’escalade des marches en béton devant donner lieu à une vue imprenable. L’attente impatiente de rentrer pleinement dans la tribune, débouchant ainsi sur une vue qui reste gravée en vous à tout jamais. La prise de position est tout simplement magique, vous avez le panorama du stade tout entier, décortiquant ainsi les moindres changements par rapport aux semaines précédentes.

 

Vous prenez alors place, généralement au même endroit que d’habitude, car il ne vous vient pas à l’idée d’aller voir ailleurs. Votre place vous caractérise en quelque sorte. Vous ne la donneriez pour rien au monde. Elle vous rend fier, et vous vous sentez alors comme un privilégié. Privilégier d’être ici, et de pouvoir représenter avec honneur et dignité votre identité parisienne que ce stade vous a permis de construire.

Que dire également du réveil de nos deux virages mythiques, Auteuil & Boulogne ? Le réveil ne sonnait peut-être pas toujours à la même heure, mais s’il y a bien une chose qui ne changeait pas, c’était toute l’intensité qui pouvait s’en dégager. Un chant, deux chants, le Parc contemple, les visiteurs admirent, les flashs crépitent, les enfants s’émerveillent du spectacle. Mais ce n’est que le début.

Le coup d’envoi arrive, et le tifo s’étend alors sur les virages. Les joueurs peuvent contempler ces deux tribunes, avec la certitude qu’ils seront derrière eux. Le coup de sifflet retentit, c’est partit pour 90 minutes de spectacle, à la fois sur le terrain et dans les tribunes.

Le capo somme les troupes de lever les bras, des milliers d’un côté, des milliers de l’autre, tous en l’air pour un seul but, se montrer uni pour pousser le Paris-Saint-Germain Football club à la victoire.

Une discipline à toute épreuve, qui fait la base d’une mentalité à part, certes incomprise, mais tellement belle et intense. Et cela dure au fil des minutes, et rien ne peut altérer leur ferveur.

Des chants historiques, au rythme parfois déroutant, parfois mélodieux, mais toujours puissants. De l’échange unique, en passant par ceux à la gestuelle rigoureuse, pour finir par le très émouvant « Ô Ville lumière », c’est tout une panoplie, une partition rodée et expérimentée, menés par des hommes charismatiques qui ont fait la gloire et l’histoire des deux tribunes.

Que dire alors, de la folie qui nous prenait quand les Rouge & Bleu marquaient un but ? Nous sautions, crions, prenions dans nos bras notre voisin inconnu, tombions sans douleurs toujours prêt à nous relever. Peu importe si notre tibia venait de percuter avec force la barre du siège de devant, nous n’en avions que faire, le Paris Saint Germain FC venait de marquer, et rien ne pouvait nous empêcher de célébrer ce but comme il se devait.

 

La folie de l’inattendu, et l’explosion de joie est quelque chose qui vous prend aux tripes, et qui ne vous lâche plus. Une fois que vous y avez gouté, vous ne pouvez plus vous en séparer, et vous ne vivez pratiquement plus que pour la retrouver.

C’est pourquoi à peine ce stade quitté, vous ne voulez qu’y revenir le plus vite possible, pour y revivre de telles émotions. Et quand vous partiez, vous aviez au dessus-de vous, derrière votre épaule ce stade qui quelque part veillait sur vous.

 

Nous étions des enfants du Parc des Princes et du Paris-Saint-Germain FC ! Oui nous nous exprimons au passé, car nous ne sommes plus les mêmes. Une partie de nous s’en est allé au soir du 15 mai 2010, et vous ne pouvez pas savoir à quel point cela a pu nous faire mal.

L’heure n’est pas à savoir que le Parc des Princes pouvait également gronder et faire mal, l’heure est à la nostalgie d’une époque révolue.

 

Une époque où aller au Parc des Princes n’était pas une mode mais tout simplement un devoir ! Celui de supporter les couleurs Bleu-Blanc-Rouge-Blanc-Bleu dans l’adversité, et ainsi représenter haut et fort le blason du club de la Capitale.

 

Oui nous sommes aigris et en colère devant ce qu’ils ont fait de notre stade, jadis le plus beau et chaud de France. Oui nous avons surement perdu tout recul par rapport à une situation pourrie depuis le début. Mais cela n’enlèvera jamais ce que nous avons pu vivre au sein du Parc des Princes.

 

Vous ne vous rendez pas compte à quel point il était important pour nous. C’était un besoin, une part entière de notre âme qui résonnait en nous chaque jour que la Terre pouvait connaître.

Aujourd’hui nous avons perdu cet idéal et nous en sommes profondément attristés. Car derrière toute notre colère, c’est avant tout une déception, une trahison qui nous a été faite, alors que nous aimions par-dessus-tout ce stade !

 

Nous avons du nous adapter, changer pour combler ce manque qui nous avait été imposé, et force est de constater que même si le temps fait bien les choses, en y repensant, nous ne sommes plus les mêmes. Et même si nous avons toujours la fierté d’avoir connu ce Parc des Princes, le vrai, au fond de nous, il manque quelque chose, quelque chose d’irremplaçable…

 

Vous nous avez volé notre passion, et nous ne vous le pardonnerons jamais.

 

Le Paris-Saint-Germain Football Club est notre religion, le Parc des Princes en était son Temple…

 

Regardez ce que vous en avez fait, ce que vous avez fait de nous…

 

Un Parc des Princes devenu sanctuaire où végètent les fantômes de fidèles passionnés…

 

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